Maanda Ngoitiko (Tanzanie) : lauréate ex-aequo du Prix Paul K. Feyerabend 2009

Maanda Ngoitiko (Tanzanie) : lauréate ex-aequo du Prix Paul K. Feyerabend 2009

Maanda Ngoitiko est une femme Masaï issue du village de Soit Sambu, dans le canton de Loliondo, district de Ngorongoro, au nord de la Tanzanie. C’est en travaillant de 1990 à 1994 comme coordinatrice de programmes destinés aux femmes et aux enfants pour l’une des premières ONG pastoralistes de Tanzanie, la « Korongoro Integrated Peoples Oriented to Conservation (KIPOC) », qu’elle débute dans son activité pour le développement communautaire et la défense des droits. De 1996 à 1998, elle étudie en Tanzanie et en Irlande.

Maanda

En 1997, Maanda a fondé le Conseil Pastoral des Femmes qui a pour objectif la solidarité, le développement et le renforcement des capacités des femmes Masaï dans la région de Loliondo. PWC a lancé ses activités au niveau des villages en 2001 et est devenu l’une des principales ONG  féministes du nord de la Tanzanie, avec plus de 800 femmes membres. PWC a instauré l’usage du micro-crédit et de programmes de crédits revolving pour le bétail qui permettent aux femmes Masaï de posséder leurs propres ressources économiques. Le Conseil Pastoral des Femmes leur a fourni également de la formation et un soutien financier pour l’éducation de douzaines de jeunes filles Masaï de Loliondo, et il est devenu un puissant défenseur de la participation des femmes aux décisions de gouvernance locale. En 1998, Maanda a cofondé une autre ONG à base communautaire, le Ujamaa-Community Resource Trust (UCRT). L’UCRT développe des initiatives avec des communautés de pasteurs et de chasseurs-cueilleurs dans six districts du nord de la Tanzanie et il en a aidé de nombreuses à améliorer leurs conditions de vie et à mieux gérer leurs ressources naturelles.

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Au cours de la dernière décennie, Maanda s’est imposée comme une militante d’exception accomplie dans un contexte où les communautés Masaï locales font face à des menaces constantes sur leurs droits à la terre et à leurs ressources, et où les femmes sont doublement marginalisées – tant de l’extérieur que de l’intérieur de leur propre communauté. Dans un tel contexte, Maanda a fait progresser localement l’objectif, impensable auparavant, de l’égalité des sexes et fortement renforcé la fierté, la solidarité et le bien-être économique des femmes du Loliondo. Elle a aidé parallèlement toutes les communautés Masaï de la région à mieux défendre leurs droits à la terre et aux ressources naturelles indispensables à leur vie. Son œuvre est un modèle pour quiconque souhaite améliorer les capacités locales et promouvoir une conservation et un développement dirigés par les communautés elles-mêmes – en Tanzanie et au-delà.

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