Taita José Becerra et Dr. Germán Zuluaga (Colombie) : lauréats ex-aequo du Prix Paul K. Feyerabend 2009

Taita José Becerra et Dr. Germán Zuluaga (Colombie) : lauréats ex-aequo du Prix Paul K. Feyerabend 2009

Le Taita José Becerra, héritier d’une tradition millénaire de médecins indigènes de la culture du yagé, sert sa communauté depuis des décennies en prodiguant avec grande modestie guérison et conseil. Il a également participé à de nombreuses rencontres avec des médecins autochtones et a accompagné le processus de récupération culturelle de son peuple Inga. Sa maison elle-même est offerte à des proches et à des étrangers pour s’y reposer et prendre des remèdes, tandis qu’il prend soin de la maison de ses ancêtres, le parc Indiwasi, première aire de conservation bioculturelle reconnue au niveau international ainsi que premier sanctuaire de plantes médicinales, Ingi Andi.

Taita 1

Germán Zuluaga est un médecin de l’université du Rosario. Après avoir pris conscience des nombreuses lacunes de sa discipline, il rencontra les voix traditionnelles des peuples noirs, paysans et autochtones. Avec respect et humilité, il ouvrit un dialogue avec les médecins aux savoirs ancestraux et voua son exercice professionnel à établir des ponts entre eux et les sciences occidentales. Il s’intéressa à l’écologie, l’anthropologie et l’ethnobotanique, publiant des contributions de valeur dans chacune de ces disciplines, mais en faisant passer le service avant tout, comme on peut le voir dans sa pratique médicale quotidienne, axe de toutes ses activités.

German Zuluaga

La rigueur et la discipline ont induit Germán et José à parcourir  le même chemin: celui de la conviction inébranlable que l’acte médical doit prendre en compte toutes les sphères de l’être, et qu’il doit avant tout se réaliser comme un acte d’amour et de dévouement. Leurs efforts conjoints représentent un authentique système de repositionnement médical interculturel lié par une foi commune qui leur permet de comprendre – de façon simple et directe – les malades qui viennent les voir. Chacun d’entre eux y contribue depuis sa tradition et ils nous enseignent que la valeur du dialogue interculturel réside dans le silence initial qui permet d’écouter l’autre et d’apprendre de lui. Ce n’est qu’après cela que l’on peut vraiment entreprendre la quête de la santé et du bien-être de son peuple.

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